Les nouvelles perspectives sur l’histoire du monde en résumé

En quelques mots, que changent les résultats récents des sciences du passé humain?

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Partie 1: le peuplement de la planète

Nous savons maintenant grâce à la génétique que les hommes actuels ont tous une origine africaine récente.

Nos ancêtres communs étaient noirs et étaient encore tous en Afrique il y a moins de 150.000 ans.

L’éclaircissement de la couleur de la peau des ancêtres des Asiatiques, des Amérindiens et des Européens n’a eu lieu qu’aux alentours du dernier maximum glaciaire il y a 20.000 ans.

Nos ancêtres chasseurs cueilleurs ont eu depuis deux millions d’années une influence sur leur environnement. L’idée d’hommes proches de la nature et victimes de leur environnement est une illusion. En brûlant de façon contrôlée la forêt, ils ont favorisé leurs espèces animales et végétales préférées et transformé volontairement les paysages.

La domestication des plantes n’était pas possible avant -10.000 pour des raisons climatiques. Elle a été précédée par des millénaires d’arrachage des variétés de plantes qui répandent leurs graines pour faire survivre celles qui gardent mieux leurs épis. 

La domestication des animaux est parfois initiée par les animaux pas par les hommes. Avant de pouvoir se reproduire en captivité, les animaux sauvages ont d’abord perdu tout seuls leur réflexe de fuite au bout de plusieurs générations à fouiller dans les poubelles des humains. 

Ce sont des chasseurs cueilleurs qui sont devenus les premiers sédentaires, potiers, hiérarchisés et constructeurs de monuments.

Il n’y a pas eu de révolution néolithique c’est-à-dire de passage rapide à l’agriculture et à l’élevage mais une transition sur plusieurs millénaires, avec des scénarios très différents selon les régions.

 

Tonantzin, déesse aztèque christianisée en Notre Dame de Guadalupe, sainte patronne du Mexique

Partie 2: les mondes indépendants jusqu’en 1500 (Afrique Australe, Amériques, Grand Nord, Pacifique)

Les sociétés des mondes indépendants jusqu’en 1500 n’étaient pas isolées les unes des autres.

Les réseaux formés avant 1500 ont ensuite transporté les marchandises, les maladies, les missionnaires et les soldats européens.

Les explorations et découvertes se font toujours avec des guides locaux suivant des réseaux locaux.

La colonisation n’a pas été une table rase, elle a été conditionnée par le passé des mondes rencontrés

Les maladies venues d’Europe ont fait mourir jusqu’à 90% des populations locales moins d’un siècle après le contact car elles n’avaient aucune immunité contre ces maladies.

Les sociétés décrites au 19e siècle ne ressemblent souvent pas du tout à celles des siècles passés.

Avant 1500, une grande variété de systèmes politiques se met en place, des plus décentralisés aux plus centralisés. Leur évolution n’est pas linéaire. Certaines sociétés abandonnent avant 1500 les villes, la centralisation politique ou les monuments pour revenir à des systèmes plus égalitaires. Ce sont des stratégies individuelles qui entraînent ces changements politiques. L’existence des systèmes centralisés dépend en général de leurs liens avec des voisins décentralisés.

Les systèmes décentralisés ont en général échappé plus longtemps à la colonisation. Les systèmes centralisés ont en général commercé plus tôt avec les Européens, ont été conquis plus tôt et réutilisés pour exploiter les populations locales.

Entre 1500 et la fin du 19e siècle, avant la conquête territoriale, les échanges avec les Européens renforcent certains chefs locaux, qui s’enrichissent et s’équipent de fusils.

Plusieurs dirigeants politiques locaux se sont convertis au christianisme au moment du contact pour se débarrasser de l’influence des religieux locaux et renforcer leur pouvoir personnel.

Les locaux essayent d’utiliser les Européens pour leur propre intérêt autant que les Européens essayent de les utiliser.

Partie 3: les origines de la mondialisation, de -10.000 au 14e siècle

Les sociétés d’Afro-Eurasie se connectent en s’échangeant des plantes et des animaux à partir de -10.000.  Ces échanges commencent bien avant les civilisations classiques et sont animés par des sociétés décentralisées.   

De -4.000 à -200, ces échanges s’intensifient en trois grandes bandes Est-Ouest. Dans la bande du Nord, qui va de l’Europe de l’Est à la Mongolie, les cultures des steppes domestiquent le cheval et développent la roue. Dans la bande centrale, du Nord-Est de l’Afrique à l’Inde, les grandes civilisations de l’âge du bronze (Egypte, Mésopotamie, Indus, Oxus) sont en contact grâce à leurs voisins décentralisés. Ces échanges sont permis par le développement de bateaux à voile au Moyen-Orient et par la domestication du chameau en Afghanistan, de l’âne au Soudan et du dromadaire en Arabie. Dans la bande du Sud, du Sri Lanka à la Chine du Sud, les sociétés côtières sont progressivement reliées par les bateaux à voile des Austronésiens, ancêtres des Indonésiens, des Malgaches et des Polynésiens.

En -200, les traditions de navigation moyen-orientales et austronésiennes se rejoignent au Sri Lanka. La Méditerranée et l’Afrique de l’Est peuvent échanger par bateau avec la Chine.

Des réseaux d’échange régionaux anciens rejoignent progressivement les trois bandes centrales de -200 à 1300. L’arrière-pays de l’Afrique de l’Est se connecte à l’Océan Indien. Les réseaux internes d’Afrique de l’Ouest sont connectés à l’Afrique du Nord par les nomades du Sahara. Le Nord et l’Est de l’Europe se connectent par les grands fleuves au Moyen-Orient et à l’Asie. La Chine du Nord, la Corée et le Japon se connectent aux routes terrestres et maritimes.

Entre -200 et 1300, on passe d’échanges de rares cadeaux diplomatiques chers et légers à des échanges entre marchands privés, avec un éventail de valeurs de plus en plus large et des volumes de plus en plus élevés.

L’intensification du commerce s’accompagne de la diffusion de nombreuses religions (judaïsme, christianisme, hindouisme, manichéisme, zoroastrisme). Le bouddhisme et l’Islam s’imposent comme les religions du grand commerce international.

Entre -200 à 1300, la majeure partie de l’Afro-Eurasie connectée passe progressivement sous le contrôle d’élites militaires nomades, sauf l’Europe de l’Ouest, l’Afrique de l’Ouest et de l’Est, l’Inde du Sud, l’Asie du Sud-Est et le Japon. Celles-ci font circuler les hommes, les marchandises, les religions, les sciences et techniques mais aussi les maladies d’un bout à l’autre de l’Afro-Eurasie.

Le boom du commerce s’accompagne de grandes avancées scientifiques et techniques en mathématiques, optique, navigation, astronomie, par le croisement des traditions savantes de langues arabes, indiennes et chinoises.

Les régions connectées d’Afrique et d’Asie deviennent très monétarisées grâce à l’or d’Afrique de l’Ouest, du Sud-Est de l’Afrique et Sud-Est de l’Asie.

Les pays d’Europe de l’Ouest obtiennent de l’Asie trois éléments importants entre 1000 et 1300 :

– un accès temporaire aux réseaux afro-asiatiques, qui leur donne envie d’y retourner quand cet accès devient presque impossible après la division de l’empire mongol.

– les moyens scientifiques et techniques de retrouver un accès aux réseaux afro-asiatiques par la mer (boussole, voile latine, astrolabe…).  

– une immunité partielle à un ensemble de maladies dévastatrices circulant en Afro-Eurasie. A partir du 15e siècle, les pays d’Europe de l’Ouest découvrent par accident les mondes indépendants (Afrique Australe, Amériques, Grand Nord, Pacifique) en cherchant des routes pour accéder aux réseaux afro-asiatiques. Les populations des mondes indépendants sont divisées par 10 en un siècle de contact par les maladies d’Afro-Eurasie contre lesquelles ils n’ont aucune immunité.

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